Vladimir Poutine

Vladimir Poutine retient de moins en moins son langage (d’aprés Vedomosti)

 Traduction RIA Novosti. 1A5 sEPTEMBRE 2008

La rencontre entre le chef du gouvernement russe Vladimir Poutine et les membres du club de discussion de Valdaï a confirmé qu’un changement qualitatif avait eu lieu dans le comportement du premier ministre, lit-on lundi dans le quotidien Vedomosti.

Alors qu’il était président, Poutine ne gratifiait pas aussi souvent son auditoire d’expressions cinglantes telles que « buter jusque dans les chiottes » ou d’autres encore à propos de la circoncision. Et quand il le faisait, il avait la délicatesse de se limiter à une ou deux sorties de ce genre par intervention. A présent, elles semblent littéralement « faire gonfler » le leader national en cherchant à sortir au dehors. Il faut croire que, jusque-là, il se retenait, et cherchait des phrases plus convenables, d’où ce fameux « euh », qui coupait parfois un discours lisse, et ce rythme d’élocution quelque peu ralenti.

En passant au gouvernement, Poutine est devenu sensiblement plus cassant: il semble que sa manière même de parler ait changé. Il y a aujourd’hui plus de tournures cinglantes, et le ton est ouvertement sévère. Peut-être s’est-il mis à parler exactement comme il pense?

La discussion avec les « valdaïstes » a carrément établi un record en matière d’expressions à vocation proverbiale: « morves de sang », « petit canif », « lance-pierre » et même « arrêtez de pinailler ». Et peut-être beaucoup d’autres choses de ce genre ont-elles encore été dites, la majorité de la rencontre s’étant déroulée à huis-clos.

On a l’impression que Poutine, en laissant le Kremlin à Medvedev, a cessé de se retenir. En tant que président, il représentait la nation, et devait évidemment faire attention à toutes les règles du discours. Mais le poste de premier ministre est une fonction pratique, on lui demande en fait un travail réel, et non des mots. Et quand on s’occupe de choses concrètes, on n’a pas le temps pour le politiquement correct.

Dans ce nouveau rôle, il se sent très à l’aise en tant que leader national, et les « valdaïstes » ont bien remarqué tout cela. Il semble même qu’il voie d’un oeil nouveau le sens de son leadership. Il n’est plus aujourd’hui celui qui représente les intérêts des Russes, mais leur véritable père, qui sait gronder quand quelqu’un se comporte mal, et se montrer avide et prendre leur défense, si le vieil ennemi devient insolent. C’est probablement pour cette raison qu’il est, comme l’a établi le Centre Levada, deux fois plus populaire que le président Medvedev.

Cet article est tiré de la presse et n’a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.