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Le site Pobeda.com retrace l’histoire du mythe soviétique, puis russe, de la Grande Russie.

L’URSS désirait consolider sa place dans l’Europe, depuis la Victoire de Stalingrad et la Grande Guerre de 39-45. Son ambition n’avait pas de limites, ni en Europe, ni dans le monde d’ailleurs. Elle avait besoin de magnifier ce mythe de la Russie Victorieuse. Cette propagande (aujourd’hui on parle de communication) était surtout destinée à la population russe. En effet, la fonction de communication externe était largement dévolue aux Partis Communistes nationaux, longtemps inféodés à Moscou. C’est eux qui servaient de relais aux projets de l’Empire Soviétique, soit directement, soit au travers de mouvements spécifiques (Mouvement pour la Paix par exemple).

La Guerre froide mis en présence les deux superpuissances pendant la deuxième moitié du XXème siècle et entraîna une radicalisation de l’information/communication/propagande. On était communiste ou anti-communiste.

L’effrondrement de l’URSS, l’implosion du système soviétique, l’éclatement de l’empire comme le prédisait Hélène d’Encausse, ont entraîné un affaiblissement soudain et dramatique de la Russie.

Mais la période de reconstruction s’avère extrèmement courte au regard de l’Histoire. Gorbatchev et Elstine sont presque oubliés. Une nouvelle ère commence après une recapitalisation à marche forcée et un renouveau surprenant, un nouvel élan, aboutissant à une redistributtion complète des cartes.

En septembre 2008, on peut même revoir l’Armée Russe au delà de ses frontières avec l’affaire Ossétie/Georgie

L’arrivée de Vladimir Poutine ne peut tout expliquer, même s’il semble avoir été le grand « catalyseur ». La Russie se relève vite, mais le début du XXIème siècle lui amène des atouts inattendus.

La flambée des matières premières en fait une puissance exportatrice et lui facilite l’équilibre de ses comptes. La manne des exportations de gaz et de pétrole a permis la création d’un « Fonds de Réserve » prêt à être utilisé en cas de chute des cours, et un « Fond souverain » pour les investissements hors Russie. Les oligarches deviennent ses nouveaux commandos dans le système financier mondial.

Sur un plan géopolitique, elle se retrouve même seule à disposer en même temps d’un statut de puissance énergétique et de puissance militaire. Le bras de fer peut reprendre; comme si les deux ex-superpuissance du XXème siècle ne pouvaient survivre que dans l’adversité.

La relative unité ethnique de la Russie, son nationalisme historique, la renaissance de sa religion, l’importance de son marché intérieur viennent s’ajouter à ses réserves énergétiques et à sa capacité à gérer celles des autres pays de la CEI. N’y a-t-il pas tous les ingrédients pour en faire le futur grand leader de ce début de XXIème siècle.

Il n’y a que le maillage mondial dont disposait l’URSS qui n’a pas été reconstitué. Les oligarques ne sont pas encore les meilleurs représentants de la Grande Russie. Et alors que la Russie dispose d’un capital de sympathies « objectives », d’avis indépendants et de pays qui auront de plus en plus besoin d’elle, elle manque d’imagination pour construire sa « Public Relations ».

De même que les américains n’ont plus été des Européens et ont créé leur propre culture, les russes ont toujours fait partie d’une autre Europe. Ces différences culturelles expliquent aussi cette difficulté à dialoguer, à essayer de convaincre. Cette propension a utiliser la force.

Pour la Russie d’aujourd’hui, cette quête de la grandeur, de la Pobeda, qui prend ses sources dans l’histoire de la Russie orthodoxe et qui nous projete dans les grandes manoeuvres pour le leadership du XXIème siècle, est le fil conducteur du site Pobeda.com.